Quand archaïsme, tradition et cruauté font bon ménage

Traditions cruelles à l'égard des animaux

Il est difficile de comprendre pourquoi certaines traditions cruelles à l'égard des animaux perdurent encore. L'une d'elles, le Toro Del Fuego, continue d'être célébrée dans certaines régions d’Espagne et de France. Dans cette tradition, des torches enflammées ou des feux d'artifice sont attachés aux cornes d'un taureau qui est ensuite lâché dans les rues, en proie à la panique tout cela pour le divertissement de la foule.

Toro Del Fuego, une souffrance pour l'animal

Tradition et cruauté: Taureau Del Fuego. Dans cette tradition, des torches enflammées ou des feux d'artifice sont attachés aux cornes d'un taureau

Le concept du Toro Del Fuego peut sembler amusant pour certains, fascinant pour d'autres, mais il est indéniablement source d'une immense souffrance pour l'animal. Imaginez un instant que vous soyez dans la position du taureau : pris dans un environnement inconnu, avec des objets enflammés attachés à votre tête, et une foule de gens hurlant et courant autour de vous. La chaleur des torches peut brûler la peau, les cornes, voire les yeux de l'animal. Le bruit assourdissant des feux d'artifice, combiné aux

cris de la foule, amplifie son état de terreur psychologique. Le résultat est un stress extrême qui conduit l'animal à des comportements désespérés et dangereux, comme l'ont révélé au public des images récemment partagées sur les réseaux sociaux.

Pourquoi ces spectacles cruels continuent-t-ils d'exister?

L'impact psychologique à long terme sur ces animaux est tout aussi important. Comme les humains, les taureaux ont des capacités cognitives qui leur permettent de ressentir la douleur, la peur, et l'anxiété. Le stress psychologique subi pendant ces événements a des conséquences graves.

Tout ceci nous amène à nous demander : pourquoi ce spectacle cruel continue-t-il d'exister et pourquoi des gens choisissent-ils d'y assister ? Chaque billet vendu et chaque photo partagée sur les réseaux sociaux donnent de la légitimité à ces pratiques et les rendent plus difficiles à éradiquer. En assistant à ces événements, on perpétue et célébrons la souffrance animale.

Certains avanceront l'argument que ces traditions sont ancrées dans la culture depuis longtemps et que cela a « toujours été comme ça ». Mais nous devons nous rappeler que la culture n'est pas immuable. Elie évolue en fonction des valeurs et des connaissances d'une société. Et dans une société de plus en plus consciente des questions d'éthique animale, il est temps de se poser les bonnes questions. Ne pourrait-on pas célébrer ces fêtes d'une manière qui respecte la dignité de tous les êtres vivants?

La bonne nouvelle, c'est qu'fi existe des alternatives. Certaines villes ont adopté des versions modernes de ces fêtes, où des effigies de taureaux, faites de matériaux inoffensifs, remplacent les animaux vivants. Ces alternatives préservent l'esprit festif et la richesse culturelle de la tradition sans causer de souffrances inutiles.

Ne pas assister à ces spectacles présentant des animaux vivants est un premier pas, mais l'activisme ne doit pas s'arrêter là. Il faut éduquer, sensibiliser et mettre ta pression sur les organisateurs et les autorités pour mettre fin à cette pratique archaïque. De nos jours, il est inexcusable de continuer à se réjouir aux dépens de la souffrance des animaux.

Source: SVPA - Société Vaudoise pour la protection des animaux. Article: Quand archaïsme, tradition et cruauté font bon ménage. Courrier des Bêtes, version papier No 516 du mois de décembre 2023.

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