Les pensions pour animaux affichent complet

Recherche pension pour animaux, désespérément

En pleines vacances estivales, trouver un deuxième foyer pour son chien ou son chat relève du miracle. Que ce soit sur la Riviera, en Chablais ou en Basse-Veveyse, de nombreuses pensions pour animaux affichent complet. Reportage à la pension Pradog, à Tatroz, qui doit éconduire une quinzaine de clients par jour.

SOS Pradog, une maison d’accueil pour chiens et chats près de Châtel-St-Denis (FR), refuse une quinzaine
de demandes par jour. Situation identique au chenil de Massongex (VS), plein jusqu’à la mi-août. Un état qui s’est aggravé avec la pandémie et une explosion du nombre d’adoptions. Reportage et conseils pour pouvoir partir tranquille.

Notre clientèle a augmenté de 30% depuis la fin du Covid

«J’ai déjà dit non à trois personnes par téléphone ce matin! En une journée, il faut en compter une quinzaine.» À peine 10h que Brinja Sandmeier doit déjà décliner les demandes insistantes, voire désespérées, de propriétaires de chiens. «Pour vous dire, une cliente m’expliquait que son mari avait leurs billets d’avion, sans avoir de garantie de garde au préalable. Je ne peux que la rediriger vers d’autres chenils, qui sont très probablement tous complets.» Une situation qui semble empirer depuis la pandémie, les adoptions d’animaux domestiques ayant fortement augmenté durant la crise sanitaire. «Depuis la fin du Covid, notre clientèle a augmenté de 30%. Nous avons dû arrêter de prendre de nouveaux pensionnaires, sauf hors période de vacances scolaires», abonde sa mère, Myriam Sandmeier. Installée à Tatroz, petit village proche de Châtel-St-Denis au milieu des champs agricoles, cette pension pour chiens et chats dispose d’une clientèle provenant largement de la Riviera. L’entreprise familiale, fondée en 1988, affiche complet depuis déjà trois mois pour la période entre fin juillet et début août. En moyenne, les propriétaires réservent deux à trois semaines pour garder leur animal de compagnie chez Pradog. «Nous comptons beaucoup d’expatriés dans notre clientèle, ils partent plus longtemps durant les vacances », détaille la jeune femme.

Problème de sociabilisation

Les pensions pour chiens affichent complet

À la difficulté de trouver un lieu pour garder son animal s’ajoutent des troubles de comportement les excluant de ces structures. Car avant de pouvoir laisser son compagnon à quatre pattes dans une pension pour animaux, ce dernier doit préalablement passer une journée d’essai sur place. «Je veux que l’animal puisse jouer et sortir avec le groupe qui dénombre jusqu’à douze chiens, expose Myriam Sandmeier. Or les nouveaux propriétaires n’ont souvent pas pu sociabiliser leurs bébés à cause de la pandémie et cela se remarque.»

Pour Elisa Michaud, gardienne d’animaux CFC au chenil de Bex, les propriétaires montrent des la lacunes dans le dressage depuis la fin des cours obligatoires dans le canton en 2017, créant des «soucis de sociabilisation.» Ce chenil refuse ainsi des animaux s’ils ne peuvent pas évoluer en groupes. À noter également qu’il doit être castré ou stérilisé et que certaines races, comme les amstaff et les pitbulls notamment, ne sont pas acceptées car la logique de meute est incompatible avec ces individus. Le but: éviter les bagarres et garantir un cadre serein et sécuritaire.

Érosion de l’offre

Comme sur la Riviera, les pensions pour animaux sont débordées dans le Chablais: «Actuellement, je suis obligée de refuser les demandes de dernière minute, nous sommes complets jusqu’à la mi-août», soupire Sybille Schwitzguebel, gardienne d’animaux CFC au chenil de Massongex. Quelles solutions préconise-t-elle? «Si c’est pour une garde de plus courte durée, je redirige les gens sur l’application Sowapi, qui offre notamment des services de pension familiale et de visites à domicile.» Comme d’autres sites de gardiennage, cette plateforme, qui met en relation des gardiens privés et des propriétaires d’animaux domestiques, connaît son pic d’activités en juillet et en août. Il en va de même des vacances de Noël. Son co-fondateur Mauricio Estevao confirme une nouvelle tendance: «Les demandes arrivent souvent à la dernière minute, même pour des gardes de longue durée.» Pourquoi un tel déséquilibre entre offre et demande? C’est l’un des effets collatéraux de la pandémie, les pensions pour animaux domestiques n’ayant reçu aucune aide financière. Une situation chimérique pour ces structures, car «plus personne ne partait en vacances et les animaux en garde journalière restaient désormais avec leurs propriétaires qui étaient alors en télétravail», souligne Corinne Genetti, directrice du centre canin Mirador, à Blonay. Avec la disparition de ce gagne-pain régulier et saisonnier, la plupart des petits chenils mettent alors la clé sous la porte.

Nouvelles perspectives

«Nous avons réussi à sortir notre épingle du jeu grâce à notre cursus professionnel», poursuit cette formatrice pour adulte. Cette formation est une FSIFP (formation indépendante d’une formation professionnelle) et encadre les futurs gardiens d’animaux. «Après ces cours reconnus par l’OSAV et le SCAV, nos étudiants peuvent notamment se mettre à leur compte, avec une pension pouvant accueillir jusqu’à 19 chiens.» Il est difficile de créer de nouvelles structures avec des capacités d’accueil plus conséquentes. «Les pensions doivent désormais se construire sur des zones industrielles. Or les chiens ont besoin d’espaces d’ébats, et ça demande de la surface. C’est tout simplement impossible dans ces zones, à part si on a beaucoup d’argent, explique Brinja Sandmeier. Je trouve inadéquat que des animaux puissent se retrouver dans ce genre de sites, avec potentiellement beaucoup de bruit et de trafic aux alentours.» Face à l’explosion de la demande et dans l’attente de nouveaux centres d’accueil, elle recommande à l’avenir de trouver une solution de garde le plus tôt possible, «idéalement de prévoir les gardes sur toute une année», avant de réserver ses vacances.

Source: Journal hebdomadaire Riviera-Chablais Article: Les pensions pour animaux affichent complet du 19 juillet au 1er août 2023 | Edition N°114 par Noémie Desarzens.

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